Le pacou

 

                                     PACOUS, KOUMAROUS

            (piaructus mesopotamicus et piaructus brachypomus) de la famille des characidés

 

        

Plusieurs espèces aux caractéristiques morphologiques et mœurs semblables sont regroupées sous le générique de pacou et koumarou en Guyane française. Aussi, compte tenu de comportements pratiquement identiques, parlerons-nous de notre animal au singulier. Ce magnifique poisson possède une apparence assez semblable à celle d’un piranha, de forme discoïdale, mais en beaucoup plus massif et compact. Le pacou est selon les ichtyologues végétarien et principalement granivore et frugivore d’où sa présence fréquente sous les palmiers dont il se repaît des graines à haute teneur énergétique, fruits de la taille d’une petite prune dont les teintes vont de l’orange au violet foncé. Il s’alimente aussi d’algues accrochées aux rochers et ne dédaigne pas à l’occasion de croquer alevins, escargots d’eau, crabes d’eau douce et crevettes. Dans les faits, le pacou est omnivore. Poisson de rapides grégaire, par excellence, notre animal se poste dans les courants violents, au milieu des amas rocailleux et en aval des chutes.

Le matériel:

Une solide canne de 10 avec une action de pointe nettement marquée sera l'outil idéal, pour propulser une soie souvent lourde, animer la mouche, et maïtriser ce poisson à la défence opiniâtre. Un moulinet de haute qualité avec un frein à disque progressif sera plus que nécessaire pour conclure  les combats avec de gros pacous dans des courants puissants, véritables parties de bras de fer qui se gagnent centimètre par centimètre.

                               

                 * Mouche graine/ fruit en poil de cervidé (montage L.F Pinheiro)

La technique:

 Votre expérience en noyée des salmonidés vous sera précieuse. Les lignes plongeantes seront de type différent en fonction de la rapidité du courant. Les soies du genre « teeny nymph » avec pointe plongeante à haute densité représentent l’idéal en la matière. Sachez également que le pacou ne se nourrit pas au fond. Sa mâchoire légèrement prognathe caractérise en effet les poissons qui s’intéressent principalement à ce qui se passe dans les zones de surface. Le combat avec un pacou n’est jamais gagné d’avance. D’une vigueur peu commune, sa lutte obstinée évoque celle d’un carangidé, or quand on sait que son poids moyen se situe entre quatre et huit livres pour des extrêmes pouvant atteindre plus de vingt kilogrammes et que son biotope est essentiellement les eaux courantes et souvent profondes, mieux vaut prendre certaines précautions.

 Les mouches:

Les mouches de teinte générale orange à noir s’avéreront les plus prenantes. De bons modèles à tarpon classique donnent de bons résultats. Mais une imitation de graine réalisée en « yarn » ou en poil de cervidé pourrait bien être la panacée*... N’omettez pas d’utiliser un bas de ligne en acier ou en fluorocarbone, car si les dents du pacou ne sont pas aussi coupantes que celles de son cousin le piranha, elles n’en demeurent pas moins de redoutables meules capables de broyer d’un coup des graines dont le noyau a la dureté de celui d’une olive.

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